mercredi 4 octobre 2017

J'ai foiré mon challenge



C'est marrant, il y a presque un mois jour pour jour, j'étais hyper contente d'écrire mon article sur le bilan 9 mois zéro shopping. Et aujourd'hui je me mets au clavier pour expliquer comment j'ai tout fichu par terre. 

Comprenons-nous, il y a plus grave dans une vie, surtout vu la nature du défi. Je suis fière d'avoir tenu 10 mois sans acheter une seule fringue, mais j'avoue que j'aurais été encore un peu plus fière si j'avais accompli l'année qui devait se terminer en novembre. 

Mais c'est pas ma faute à moi! C'est Berlin et toutes ses petits boutiques fairtrade+bio+zéro déchet+véganes! J'ai été séquestrée, les vêtements/bijoux/chaussures m'ont été mises dans les bras sans ménagement et je n'ai pas eu d'autre choix pour avoir la vie sauve que de dégainer ma carte de banque sous le regard scrutateur d'une vendeuse tyrannique et machiavélique! 

Si seulement cette version était la bonne...

Non, chers lecteurs déçus, j'ai tout simplement failli. J'ai craqué. J'ai tout fichu en l'air. 

Je vais vous décrire les faits, tels qu'ils se sont produits, en cette sombre journée du 29 septembre 2017. 

Chris n'étant pas engagé dans un quelconque défi zéro shopping, il souhaitait faire l'acquisition d'un nouveau pantalon. Au vu de nos récentes prises de conscience, celui-ci devait répondre à divers critères très stricts (non on rigole, on est pas extrémistes non plus, quoique...). 
Le seconde main ne l'inspire pas plus que ça mais surtout, nos goûts se portent sur des pièces basiques, intemporelles, de bonne qualité et nos gabarits respectifs (lui très grand taille mannequin genre elfe, moi petiote tel un hobbit) rendent la découverte de la perle rare... difficile. Pourtant, on a essayé, je jure sur mon honneur (ou ce qu'il en reste).

Chris préfère essayer ses vêtements avant de les acheter, étant très... comment dire... pointilleux sur l'effet que doivent donner ses pièces sur lui (c'est pas moi qui l'dit, c'est lui!). 

Lors de notre dernière virée à Bruxelles, le magasin vendant les jeans de la marque MUD JEANS (écologiques et végans) était fermé... Nous en avons donc profité d'être à Berlin, LA capitale d'Europe végane par excellence, pour nous mettre à la recherche de boutiques répondant à nos attentes. Et nous en avons dégotées deux:

Supermarché (oui, je sais, moi aussi je me suis dit "WTF pour un nom?"). 

Et Loveco (avec une vendeuse toute choupinou, gentille comme un cœur et disponible à souhait pour des touristes qui essaient tout le magasin).

Chris a trouvé son bonheur à la fin de la journée, trois t-shirts (dont deux en bambous), deux jeans (dont un en cadeau de ma part pour son anniversaire) et un pull. 

Et moi bin... J'ai essayé un pantalon et un haut, "juste pour voir ce que ça donne quand je suis habillée tout en noir". (Vous constaterez que j'ai renié non seulement mon challenge, mais en plus mon souhait de ne pas porter de noir parce que je pensais que cela ne me correspondait pas!)

Et les petits prix pour une telle qualité, pour des pièces fairtrade, locales pour la plupart, véganes et bio m'ont, comment dire, fait tourner la tête. 

L'ange sur mon épaule droite me disait: 
"Tu essaies et c'est tout, n'oublie pas toutes tes belles intentions, ton abstinence, les lecteurs de ton blog qui ont foi en toi..."

Le diablotin en face tenait ce discours plutôt:
"Mais si ça se trouve, on aura plus jamais l'occasion de trouver des pièces qui nous vont aussi bien et qui rencontrent toutes nos valeurs! C'est pas en Belgique qu'on trouve de si grands magasins si bien fournis!"

Et puis il y a eu Chris qui, face à mon doute grandissant m'a dit: 

"Fais-toi plaisir mon cœur."  

J'avoue que je l'ennuie depuis des mois parce que je voudrais adopter un style un peu plus "adulte" (pas un complet-veston, faut pas pousser), mais disons, quelque chose qui montre que j'ai 30 ans et pas 15... 

Et j'ai craqué. Je n'ai aucun excuse. 

Mais je reste positive. J'ai investi dans des pièces durables dans le temps et dans leur fabrication, j'aime ce que j'ai acheté, j'ai tenu 10 mois sans dépenser d'argent dans ce domaine si futile (c'est pas rien!) et surtout je fais plaisir à mes amies qui attendaient impatiemment la fin de ce challenge pour m'emmener en virée shopping... 

Je sais, je vous ai déçus. Trahis. 

J'espère que je mérite encore de figurer dans vos favoris Google... 

Qu'ai-je appris de ces 10 mois sans shopping? 

👔 Rien ne me manque, tant que je ne suis pas dans la "mauvaise" boutique. Je n'aime plus passer des heures à essayer des fringues juste pour le plaisir de les regarder pendues dans mon armoire. J'ai décroché du shopping en tant que thérapie.

👔 Par contre j'adore m'émerveiller devant des baskets en cuir d'ananas (j'adore la tête que vous faites en cet instant 😲 genre: "De quoi elle parle?!"), des jeans sans étiquettes de cuir, des bijoux en argent fairtrade faits à Londres... *Le retour de la futilité* 

👔 Il est tout à fait possible de vivre 12 mois (enfin, 10...) avec quelques 3 tops, 4 pulls, 2 t-shirts manches courtes, 3 t-shirts manches longues, deux paires de chaussures, deux jeans, 1 veste d'hiver, 1 veste de pluie et un sac à dos. Je l'ai fait et je suis très heureuse d'avoir conduit cette expérience jusque là. 
Peut-être est-ce l'appel de la trentaine qui frappe, peut-être que lorsque j'aurais changé quelques touches je pourrais me relancer le même défi... Je n'en ai aucune idée. 

👔 Mon entourage est plus affecté par mes challenges que moi-même. C'est étrange que le contenu de mon armoire devienne tout à coup l'objet de toutes les curiosités.

Voilà, chers lecteurs, la vérité vraie. Vous m'aimez encore?