vendredi 14 avril 2017

L'effet domino



Il n'est pas toujours évident de composer avec le monde extérieur.

Lorsqu'on devient adepte du zéro déchet et de l'écologie en général, lorsqu'on prend conscience de l'urgence de la situation (je ne vais pas vous refaire un topo sur notre état des lieux, j'imagine que vous en avez une vague idée 🌍 ), on voudrait que le monde entier se réveille le matin en se disant: "Mais qu'est-ce que j'ai fait?!" 

On voudrait insuffler à chaque âme sur Terre une partie de sa conscience, de ses valeurs écolos et de ses gestes zéro déchet, anti-gaspillage, etc. 

Bref, on voudrait un miracle. On voit qu'il faut aller vite, très vite si on veut passer à côté de la catastrophe (si celle-ci est encore évitable) et on enrage de voir que les choses stagnent, voire empirent de jour en jour. 

On a souvent l'impression que ce qu'on fait ne sert à rien, que pour une poubelle que nous ne mettons pas au ramassage, 64 autres dans notre rue sont religieusement déposées à l'intention de nos amis les éboueurs. On fait face aux moqueries, aux critiques et parfois à l'agressivité.  

Ce peut être décourageant. Je ne me voilerais pas la face: parfois je suis découragée.

 Parfois j'ai envie de faire ma zéro-déchet-nazie, de m'emporter face à des comportements que je juge irresponsables et lourds de conséquences pour notre planète, notre santé aujourd'hui et celle des générations à venir. Le gaspillage quotidien me donne la nausée, me rend folle de honte, jusque dans mon travail. 

Heureusement, après ces gouffres de désappointement, viennent des éclaircies. 

C'est la magie du zéro déchet, le côté réconfortant de l'écologie, ces petits plaisirs qui donnent du courage et font dire que finalement, tout n'est pas si noir. 

C'est l'effet domino. Ce sont les visites que je reçois sur ce blog, les commentaires d'encouragement (lus ou entendus, ils ont la même valeur), les questions et l'intérêt que je sens percer dans les conversations avec les amis, la famille, les collègues. 

C'est de voir que nos proches sont sensibles à notre démarche et adoptent une attitude différente face aux déchets, c'est de voir qu'on nous soutient.  

Ce sont nos amis qui viennent chez nous avec des cadeaux sans emballages, ma maman qui achète en vrac, qui cherche des solutions et qui nous accompagne à la conférence de Béa Johnson. 
C'est ma sœur qui s'échine à trouver des restaurants végétariens voire végans quand nous sortons en ville, c'est mon beau-frère qui achète du faux gras de Gaia. C'est mon beau-père qui se met à l'apiculture, ma belle-sœur qui achète du seconde main pour son bébé à venir, ma belle-mère qui achète des sacs en tissu pour du vrac et nous fait des gaufres transportées dans des boîtes réutilisables... 
Ce sont mes collègues qui font des efforts pour trier leurs déchets, qui s'intéressent et vont voir des magasins en vrac, qui me demandent de leur trouver des emballages réutilisables pour les tartines de leurs enfants, qui achètent du choco sans huile de palme... 

Bref, ce sont des petites choses. Je sais qu'elles ne pèsent pas très lourd dans la balance. Mais nous sommes tous des colibris: nous faisons notre part. Quand je me demande quel est l'intérêt de rédiger un énième blog sur le zéro déchet, je reçois un écho positif de la part de ma famille, mes amis ou mes collègues et je me dis que, finalement, il sert peut-être à quelque chose. 

Si vous voulez influencer votre entourage de manière positive, soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. Ne pointez pas un doigt accusateur vers les gens en leur rappelant à quel point c'est moche de polluer la planète. Montrez-leur que vivre avec moins, consommer modérément et ne pas produire de déchets est possible et facile. Montrez que vous êtes heureux de vivre ainsi, que c'est important pour vous, expliquez simplement, répondez aux questions posément, effet positif garanti! 

Merci à tous ceux qui prennent de leur temps pour lire mon blog, pour me poser des questions, pour échanger des astuces, à tous ceux que ce sujet intéresse. Merci.