mardi 19 septembre 2017

Une vie calme




Vous aurez sans doute remarqué que mes articles sont un peu plus espacés que d'habitude. Pourtant, nous sommes en vacances pour deux semaines. 

En effet, j'ai décidé d'écrire un peu moins sur le blog (environ une fois par semaine au lieu d'une fois tous les 2 ou 3 jours) afin de me dégager du temps.

En ce moment, j'ai quelques projets sur le feu : entre autres, j'étudie pour me présenter à un nouveau job, Berlin approche à grand pas, nous devons fignoler la programmation du séjour et surtout je voudrais pouvoir prendre plus de temps pour lire ou réfléchir calmement.

Ce qui m'amène au sujet du jour : peut-on être heureux en menant une vie calme?

Autour de moi, je constate une chose curieuse : la plupart des gens ont l'impression que s'il ne se passe pas quelque chose d'extraordinaire dans leur vie, ils perdent leur temps.

Comme si l'essence même de l'existence ne se concentrait que pendant le week-end ou les vacances.

Nous vivons à 120km/h toute l'année, aussi bien au travail que dans notre vie de famille.

Nous ne prenons pas le temps de nous arrêter une minute pour contempler la chance que nous avons de vivre cette vie si privilégiée. Nous demandons à tout le monde autour de nous de se dépêcher, d'aller plus vite, de caser plus d’événements dans nos agendas, d'être plus mobile, de s'adapter et de retourner sa veste aussi vite que l'éclair. Est-ce vraiment sain?

Nous rêvons de vies de stars, d'être accueillis sur le tapis rouge par le crépitement des flashes, de partir à l'autre bout du monde à chaque vacances, de posséder une voiture toujours plus puissante, un smartphone toujours plus réactif, pour faire des centaines de selfies qui se retrouveront vite fait sur Instagram ou Facebook pour montrer aux autres à quel point notre vie est géniale.

Et malgré tout cela, nous ne sommes pas heureux. On dirait que nous sommes tous lancés dans une chasse aux trésors frénétique. Comme s'il nous fallait absolument réunir tous les objets et accessoires de la panoplie "Bonheur" pour y parvenir. 

Une grande maison, une belle voiture, un smartphone, des vacances, des vêtements et chaussures de marques, un sac à main en cuir, des lunettes de soleil, des meubles design, une coupe de cheveux à la mode, la collection de DVD, l'abonnement à la salle de sport, les vêtements de sport assortis, un agenda rempli de fêtes, soupers, sorties shopping ou rencontres avec des amis qu'on apprécie qu'à moitié, etc. Et pour pouvoir nous offrir tout cela, il faut travailler. Échanger notre temps contre de l'argent, qui se dépense plus vite qu'il ne se gagne.

Et si la réponse à notre question, c'était une vie plus simple, une vie calme?

Imaginez votre vie avec moins de choses, moins de soucis, moins d'entretien.
Et imaginez-la avec plus de temps. Plus de temps pour vos enfants, votre couple, des balades, de la lecture, des petits voyages dans votre région, des dîners entre amis, des soirées avec la famille.*

Une vie recentrée sur l'essentiel, sur les relations, sur vous. Une vie dégagée d'envies, de jalousies et de regrets. Arrêtons de suivre les tendances à tout prix, de croire ce que nous montrent les réseaux sociaux et les médias, qu'il faut vivre vite et accumuler pour être heureux.

Vivre libre avec moins dans le calme nous rendra plus heureux que le contraire.

Quand avez-vous profité d'un congé la dernière fois, chez vous, tranquillement ? Quand avez-vous été "simplement" heureux et profité de votre soirée pour la dernière fois ? 

Nos ancêtres ne connaissaient pas toutes les opportunités que nous avons aujourd'hui pour nous divertir. Les voyages, le cinéma, les concerts, les événements culturels, les week-ends à la mer, les soirées en boîtes... La plupart de nos arrières-grands-parents ne savaient même pas lire!

Il n'y a pas si longtemps de cela, le concept "réussir sa vie" (entendez accumuler un maximum d'objets, d’expériences hors du commun, d'amis fantastiques, de photos de famille souriante, d'albums de voyage, de comptes de réseaux sociaux différents, de jobs, de carrières, d'activités diverses et variées, de sports, d'associations, etc.) était tout autre. 

Avoir un toit, un feu pour se chauffer, des vêtements solides (pas forcément "tendance") et chauds, être en sécurité et avoir à manger étaient les préoccupations principales de nos ancêtres, ici-même, en Belgique (ou de tout autre pays dit "développé"). 
Une étude a montré que lorsque les humains ont moins de possessions, de distractions, ils sont plus attentifs et réceptifs envers leur environnement. Les personnes qui ne pouvaient pas lire avaient une bien meilleure mémoire que nous! 

Il n'y a pas si longtemps, la plupart des gens se différenciaient par ce qu'il étaient, pas par ce qu'ils avaient. Et ce qu'ils souhaitaient le plus au monde, c'était une vie calme. Pas de guerre, pas de douleur, pas de mauvaise nouvelle. Le comble du bonheur. 

Une vie simple, un travail qui ne nous stresse pas, un bon équilibre entre vie professionnelle et vie de famille, des relations vraies (parfois on se chamaille, mais au moins les choses sont mises à plat), une petite maison facile à entretenir, peu d'objets mais qui nous sont soit vraiment utiles, soit que nous trouvons beaux (voire les deux critères réunis), des promenades dans la nature près de chez soi pour découvrir sa région et ses voisins, un bon livre (emprunté), des soirées avec une musique douce et un bon souper équilibré facile à digérer, une vie qui s'écoule lentement au rythme des saisons et du temps... Une vie évitant autant que possible les sursauts, les cris, les informations télévisées (toujours négatives, vous aurez remarqué!), le bruit qui nous perce les tympans, les agitations inutiles... 

Nous envions la sérénité des moines bouddhistes et nous nous disons que nous ne pourrons jamais atteindre un tel calme sans nous raser la tête et nous isoler dans la montagne... Ceci est faux. On peut vivre une vie sereine et en être heureux/se sans pour autant s'expatrier en Asie. 

Calmez votre existence, contentez-vous de peu, remerciez chaque jour pour tout ce qu'il vous apporte de positif et laissez tomber le négatif. Évitez le stress inutile, les angoisses, les personnes/sujets qui vous irritent. 

Finalement, avoir une vie calme, ça tient à peu de choses. 

*Rendons à César ce qui lui appartient: Cette phrase m'est inspirée des "Minimalists", deux amis qui parcourent les USA en tout sens pour faire connaître au plus grand nombre un mode de vie simple recentré sur l'essentiel. Leurs textes et livres n'existent qu'en anglais, pour l'instant. Pour celles et ceux que cela intéresse, voici leur BLOG